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30e DIMANCHE ORDINAIRE « B » 2018



Parole de Dieu: Jérémie 31, 7-9; Hébreux 5, 1-6; Marc 10, 46b-52.

Fils de David, Jésus, aie pitié de moi! Un cri de détresse, une prière, une profession de foi. Ce cri de confiance a été prononcé par un aveugle, mais un aveugle qui voyait clair. Sa vision était intérieure. Malgré son aveuglement, Bartimée a interpellé Jésus en tant que « Fils de David ». Il avait donc vu en lui le messie, le roi d’Israël et l’envoyé de Dieu.

C’est donc dire que la vision de foi précède toute guérison. La foi est un regard intérieur qui permet de saisir la présence de Dieu et de voir que cette présence est aimante et salutaire. Ce récit nous questionne sur la qualité de notre vision intérieure. Bartimée était aveugle, mais il voyait clair dans son cœur. Pour notre part, qu'en est-il de notre regard de foi? Notre cœur est-il aveuglé, sommes-nous capables de reconnaître le passage du Seigneur dans nos vies et de saisir qui il est en vérité?

Ayant reconnu en Jésus l'envoyé de Dieu, Bartimée pouvait lancer son cri de détresse avec grande confiance. La pertinence et l’intensité de la foi déterminent la force de la prière et son expression. Si notre prière est timide ou même absente de notre vie, c’est peut-être que notre regard de foi est obscurci ou voilé. Pour avoir la certitude d’être entendu, il faut croire. Or, plus notre foi sera centrée sur le vrai visage de Dieu, plus notre prière sera confiante et efficace.

Bartimée était un pauvre mendiant aveugle. Jésus n’a pas été sans remarquer la condition misérable de celui qui l’interpellait et de quoi il avait besoin. Pourtant, il lui pose une question qui peut nous paraître superflue : Que veux-tu que je fasse pour toi? Mais ne nous méprenons pas, elle l'est beaucoup moins qu’elle en a l’air. Elle permet à Jésus de vérifier si la vision de foi de l'aveugle est juste. Étant pauvre, Bartimée aurait pu demander à Jésus la richesse pour enfin cesser de mendier et vivre dans de meilleures conditions matérielles. Mais cela aurait démontré que sa conception de l’envoyé de Dieu était incorrecte. Bartimée a demandé d'être guéri de sa cécité et cette demande confirme la mission du Messie, qui était de rendre la vue aux aveugles.

Autrement dit, pour que notre prière soit entendue et exaucée, il faut croire en Jésus tel qu’il s’est révélé lui-même, il faut qu'elle soit ajustée à la volonté de Dieu. Lui demander quelque chose qui n'est pas essentiel, c’est prier dans le vide. Jésus le dit autrement dans un autre passage : Cherchez d’abord le Royaume et sa justice et tout le reste vous sera donné par surcroît.

Bartimée a été exaucé, il a recouvré la vue, mais ça ne s’arrête pas là, car le récit se termine sur cette note : et il suivait Jésus sur le chemin. C’est donc dire que la foi est un dynamisme qui met en marche. Or, on sait que Jésus, à la sortie de Jéricho, était en route vers Jérusalem, où il connaîtra la mort. La foi authentique nous entraîne donc à suivre cet itinéraire exigeant, mais qui débouche finalement sur la vie.

Fils de David, Jésus, aie pitié de moi. L’Église d’Orient a conservé ce cri et en a fait une prière du cœur qui, répétée sans cesse comme une respiration, favorise la communion avec Dieu. Puissions-nous la reprendre très souvent et en expérimenter toute la force.


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