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31e DIMANCHE ORDINAIRE « B » 2018



Parole de Dieu : Deutéronome 6, 2-6; Hébreux 7, 23-28; Marc 12, 28b-34.

Les textes de ce dimanche nous rappellent le grand commandement de l’amour de Dieu et du prochain qui est au fondement de toute vie chrétienne. Dans l’évangile, en réponse à la question du légiste qui lui demande: Quel est le premier de tous les commandements?, Jésus répond en citant un passage du livre du Deutéronome, celui-là même que nous avons entendu en première lecture : Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force. (Dt 6, 5) Mais Jésus ne s’arrête pas là. Il complète sa réponse en rapportant un autre commandement, tiré celui-là du livre des Lévites : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. (Lv 19, 18) Il conclut en disant : Il n’y a pas de plus grand commandement (au singulier) que ceux-là. (Mc 12, 31) Il montre ainsi que l’amour de Dieu et du prochain se conjuguent et ne forment qu’un seul et unique commandement. Saint Augustin avait une façon bien à lui de rendre compte de l’association des deux commandements: « L’amour de Dieu est premier dans l’ordre des préceptes; l’amour du prochain est premier dans l’ordre de la pratique. » Autrement dit, c’est dans le prochain que Dieu prend un visage concret. L’amour et le service du prochain sont aussi amour et service de Dieu.

Après que le scribe se soit montré entièrement satisfait de la réponse de Jésus, ce dernier conclut le dialogue par cette parole: Tu n’es pas loin du royaume de Dieu. (12, 34) Pour bien des gens – ce fut le cas notamment des saints et saintes, et c’est encore le cas de nombreux justes qui cherchent à vivre de l’évangile au jour le jour, qui aiment Dieu et le prochain de façon inséparable – le Royaume est à fleur de peau, il est à la frontière. C’est pourquoi il importe de faire saisir à toutes les personnes qui font de l’amour de Dieu et du prochain le centre de leur vie, que le royaume de Dieu est à l’œuvre. Toute la vie chrétienne se résume donc dans l’ouverture à Dieu et aux autres, une ouverture qui mobilise l’être tout entier avec l’ensemble de ses ressources intérieures, le cœur, l’âme et l’esprit.

Quand l’amour fait ainsi partie de la vie, Dieu en fait partie intégrante, il est là au fil des jours et il reste présent quand le dernier jour arrive, et même après. Le Père Carré, un dominicain, a exercé son ministère auprès des artistes du théâtre, de la musique et de la danse durant de nombreuses années. Il a souvent été appelé à visiter de grands malades. Le Père Carré constatait presque toujours que Quelqu’un l’avait précédé. Dieu était là avant lui et il y serait après son départ. Un jour, il a raconté que la célèbre pianiste, Marguerite Long, angoissée sur son lit de mort, lui a demandé : « Vais-je mourir bientôt? » Il répondit : « Mozart, que vous connaissez bien, a écrit: ‘Quand Dieu voudra, je voudrai’. » Elle répondit: « C’est bien, c’est beau » et comme pour communier à la minute qui viendrait, paisiblement, sans amertume, elle écarta les mains dans un geste de consentement.

La sérénité devant la mort s’enracine en Dieu, qui est sans cesse présent, mais dont nous avons à découvrir la présence en soi, dans le prochain et dans tout ce que nous faisons par amour.


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