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2e DIMANCHE ORDINAIRE "C" 2019



Parole de Dieu: Isaïe 62, 1-5; 1 Corinthiens 12, 4-11; Jean 2, 1-11

Dans l’évangile de Jean, le récit des noces de Cana survient au terme de la première semaine du ministère de Jésus. Dans la narration qu’il fait de l’événement, Jean, sans même parler des mariés, aborde le problème qui donne l’occasion à la mère de Jésus d’intervenir auprès de son fils. Elle lui fait observer que les gens de la noce n’ont plus de vin. (Jn 2, 3) Elle exprime à son fils une attente dont le contenu n’est pas précisé. Songe-t-elle à un miracle? Probablement pas, car Jésus n’en a encore fait aucun. Mais elle s’attend sûrement à ce qu’il soit en mesure d’apporter une solution, ne serait-ce qu’une idée sur la façon de résoudre le problème.

La réponse de Jésus est surprenante : Femme, que me veux-tu? (2, 4) S’agit-il d’une opposition ouverte à une démarche incongrue, d’un refus face à une demande inopportune? Il ajoute: Mon heure n’est pas encore venue. (2, 4) En faisant référence à son « heure », Jésus évoque sa mort et sa résurrection, ce qui relève d’un tout autre ordre d’idées. Lui et sa mère ne semblent pas sur la même longueur d’ondes. Marie expose à son fils une situation concrète pour laquelle elle attend une solution immédiate, mais Jésus se situe à un autre niveau, qui dénote un décalage entre l’attente exprimée par sa mère et la solution qu’il entend proposer. Jésus n’oppose pas un refus à la demande de sa mère. Il entend bien faire quelque chose, mais ce sera à comprendre non pas dans l’ordre des réalités humaines, mais dans celui du plan de Dieu. La réponse de Jésus permet donc à sa mère de s’élever du niveau humain et matériel à celui des réalités spirituelles auquel donne accès la foi.

Faites tout ce qu’il vous dira, répond sa mère (2, 5). Cela n’indique-t-il pas qu’elle accepte d’entrer dans le dessein de Dieu, même si elle ne sait trop comment il va se déployer? Sans hésiter, elle entre dans la perspective ouverte par son fils. Sa réaction en est une de foi et c’est ce qui pousse Jésus à accomplir le signe de l’eau changée en vin. Ce faisant, il peut anticiper l’heure de sa glorification. N’est-ce pas ce qui est dit à la fin du récit: Il manifesta sa gloire? (2, 11) Il s’agit donc du premier signe accompli par Jésus et c’est la foi de sa mère qui l’a rendu possible. Le signe provoquera à son tour la foi des disciples: ses disciples crurent en lui (2, 11), ce qui constitue le sommet du récit.

Après avoir saisi dans ses grandes lignes l’articulation du récit, nous pouvons réfléchir sur la façon de l’actualiser. Au cœur de nos difficultés, de nos situations embarrassantes, sachons, comme Marie, exposer à Jésus nos besoins concrets et immédiats, mais tout en gardant le cœur ouvert et en acceptant de rejoindre le niveau où il entend nous élever. Il se rend présent à nous dans le quotidien de nos vies et quand il intervient, c’est pour nous amener à un niveau supérieur, celui de la foi. À tous ceux et celles qui ressentent un vide, qui souffrent du manque de quelque chose d'essentiel, Dieu offre un vin nouveau, meilleur que l'ancien. Et il n'est pas étonnant que le signe de Cana ait lieu le troisième jour, selon l'indication de l'évangéliste. Le troisième jour fait référence au jour de la résurrection, qui, lui, renvoie au dimanche. Alors, quand notre baril est vide, pourquoi ne pas profiter du rassemblement du dimanche pour refaire le plein? Le dimanche, nous nous réunissons pour faire le plein d'amour en puisant à la source même de l'amour. Le dimanche, c'est l'amour du Christ que nous recevons, non seulement pour nous aider à vivre les événements de la semaine, mais aussi pour le communiquer aux autres.

Qui n'a pas besoin de forces neuves, de nouvelles ressources pour continuer à mener le combat quotidien? Jésus est intervenu à Cana, il a manifesté sa gloire, parce qu'on le lui a demandé. Alors, si nous n'avons plus de ressources, si nous avons l'impression d'être comme des jarres vides, demandons-lui de nous venir en aide et laissons-le manifester sa gloire comme il l'entend. Restons ouverts et accueillants à ce qu’il peut réaliser d’inattendu dans nos vies et nous serons largement comblés.


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