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5e DIMANCHE ORDINAIRE « C » 2019



Parole de Dieu : Isaïe 6, 1-2a.3-8; 1 Corinthiens 15, 1-11; Luc 5, 1-11.

Au terme d'une nuit de pêche infructueuse, deux barques avaient été amarrées au bord du lac. Après un dur labeur inutile, les pêcheurs n'avaient plus la force de continuer. Mais voici qu'un appel retentit : « Avance au large, et jetez vos filets pour la pêche. » (Lc 5, 4) Cet appel est lancé par Jésus à des hommes qui ont peiné, sont déçus et à bout de souffle : « Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre. »; malgré tout, dit Simon, « sur ta parole, je vais jeter les filets. » (5, 5)

Comment résonne ce passage à nos oreilles dans le contexte particulier de notre Église? Il faut bien avouer que la situation est très préoccupante. Les personnes impliquées en Église n'éprouvent-elles pas le sentiment d'épuisement et de déception qu'ont connu les pêcheurs du lac de Galilée après une infructueuse nuit de travail? En Église, le constat est qu'après des années de labeur, de dévouement, d'implication dans divers champs de la pastorale, les fruits produits ne correspondent pas du tout aux efforts déployés et aux sacrifices consentis. Que de gens convaincus, dynamiques et généreux, qui ont beaucoup travaillé pour l'Église, qui ont lancé leurs filets avec espoir, se disent maintenant essoufflés, tristes, déçus, découragés. Comme Simon et ses compagnons, ils en sont venus à la conclusion qu’il n’y a plus qu’à amarrer les barques sur le rivage et d'aller se reposer.

Après des années de travail, au terme de nombreuses heures de bénévolat, plusieurs se disent : « J’ai beaucoup travaillé. J’ai donné le meilleur de moi-même. Je me sens usé et fatigué. J'ai fait ma part, le temps et venu pour moi de passer le témoin à quelqu’un d’autre. Il se peut, au plan personnel, que le temps de passer le témoin soit effectivement venu, mais l’Église, elle, peut-elle passer le témoin? Et à qui le passerait-elle? Ne doit-elle pas plutôt – et surtout aux heures de grande lassitude – réentendre la parole de Jésus : « Avance au large, et jetez vos filets pour la pêche. »? (5, 4)

C’est bien beau, mais à notre époque et dans le contexte actuel, pour témoigner du Christ et de l’Évangile dans une société devenue indifférente, sinon hostile à son héritage religieux, ne faut-il pas une bonne dose de courage et d’audace, pour ne pas dire plus? Pour avancer au large, il faudra sans doute renoncer encore à bien des acquis, à des sécurités, à des manières de penser et de faire devenues depuis longtemps familières. L’appel à avancer au large est en même temps un appel au risque, et qui dit risque dit pertes éventuelles. Tout cela est très inquiétant et déstabilisant.

Simon et ses compagnons ont secoué leur fatigue et leur lassitude. Sur la parole de Jésus, ils ont surmonté leur échec, ils sont remontés dans leurs barques et sont allés jeter leurs filets. On connaît le résultat : ils ont ramené sur le rivage une telle quantité de poissons que leurs filets se déchiraient. C’est donc dire qu’à travers des avancées hasardeuses en terrain apparemment infructueux, le Royaume de Dieu s’implante et progresse, on ne sait trop comment. L’appel, autrefois lancé à Simon, retentit encore aujourd’hui : « Ne renoncez pas, ne vous laissez pas abattre, avancez au large, surmontez vos peurs, oubliez votre fatigue, faites confiance! » Et surtout, n'oublions pas que celui qui lance l'appel est celui qui produit le miracle.


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