8e DIMANCHE ORDINAIRE « C » 2019

Parole de Dieu: Ben Sira le Sage 27, 4-7; 1 Corinthiens 15, 54-58; Luc 6, 39-45   

L'évangile d'aujourd'hui s'ouvre par la parabole des deux aveugles. « Des aveugles conduisant des aveugles » était un dicton connu dans la littérature grecque. Quiconque désire conduire les autres doit d'abord s'assurer qu'il sait où il va et comment y arriver. Au sens figuré, le dicton s'applique à l'enseignement, une tâche qui incombera aussi aux disciples. Ce qui est recommandé, c'est une préparation adéquate à l'enseignement, sinon le maître et le disciple n'iront nulle part et perdront leur temps.

            La comparaison de la paille et de la poutre qui suit sert quant à elle à illustrer la nécessité d'être sincère dans nos relations aux autres : « Qu'as-tu à regarder la paille dans l'œil de ton frère, alors que la poutre qui est dans ton œil à toi, tu ne la remarques pas? » Jésus dit qu'avant d'entreprendre de corriger les autres, assure-toi si ta propre conduite est exemplaire, autrement le message que tu veux communiquer ne sera pas crédible.

            Cela fait penser à l'histoire d'un jeune homme d'affaires, qui avait commencé à fréquenter une jeune femme tout à fait charmante. La relation progressait et se développait à un point tel que le jeune homme pensait de plus en plus à l'épouser. Mais en homme d'affaires prudent, il engagea de façon anonyme un détective privé pour surveiller sa belle amie, afin de s'assurer que celle-ci lui était fidèle.

            Le détective ne connaissait rien de la relation entre les deux jeunes gens; on ne lui donna que le nom de la jeune femme. Il fit son travail avec beaucoup de minutie et remit les résultats de son enquête. Cela disait à peu près ceci : « C'est une très charmante, honnête et franche jeune femme. Il n'y a qu'un seul reproche qu'on peut lui faire. Il semble qu'elle se soit tenue dernièrement en compagnie d'un jeune homme d'affaires au caractère très douteux et de réputation discutable. »

            Cela rejoint le message de Jésus qui rappelle la nécessité de reconnaître ses propres faiblesses, puis de les corriger, avant de se préoccuper des défauts peut-être bien moins grands des autres. N'oublions pas que lorsqu'on pointe quelqu'un du doigt, il y a trois autres doigts qui pointent vers soi. Autrement dit, il faut d'abord être sincère envers soi-même pour établir une relation vraie avec les autres.

            La sincérité est particulièrement soulignée par la comparaison de l'arbre et de ses fruits : tout comme un arbre bon donne de bons fruits, le bon cœur produit de belles choses; à l'inverse, tout comme un arbre mauvais donne de mauvais fruits, un cœur mauvais produit de mauvaises choses. La sincérité suppose que les paroles d'un homme correspondent à ce qui se trouve dans son cœur.  Ben Sira le Sage a dit : « C'est le fruit qui manifeste la qualité de l'arbre; ainsi la parole fait connaître les sentiments. » Et Jésus ajoute : « Ce que dit la bouche, c'est ce qui déborde du cœur. » Une parole vraie et franche révèle un cœur sincère et honnête. Une parole fourbe tue la joie et la confiance.

            Dans la liturgie, à la fin des lectures, on ajoute : « Parole du Seigneur ». Nous croyons que Dieu nous parle.  Par sa parole, il s'engage et se compromet avec nous. Sa parole est vérité. Qu'elle soit pour nous le guide éclairé dont nous avons besoin.

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