2e DIMANCHE DU CARÊME « C » 2019

 Parole de Dieu: Genèse 15, 5-12.17-18; Philippiens 3, 17 – 4, 1; Luc 9, 28b-36.  

Nous poursuivons notre marche vers Pâques sous le thème: « Jusqu'où me suivras-tu? » Notre marche à la suite de Jésus est parfois très difficile. Dans un tout autre contexte, les disciples ne l'ont pas eu facile non plus et nous pouvons nous inspirer de ce qu'ils ont vécu. Juste avant d’accompagner Jésus sur la montagne pour un temps de prière, ils furent décontenancés de l’entendre annoncer ses souffrances et sa mort. Jésus leur avait dit en effet:      « Il faut que le Fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit rejeté par les anciens, les chefs des prêtres et les scribes, qu’il soit tué... » Ils réentendront la même annonce à leur descente de la montagne. Il nous arrive aussi d’être accablés par des annonces difficiles à gérer, comme une maladie grave, une perte d’emploi, le décès d’une personne chère, etc., et parfois ces épreuves s'accumulent et ne nous donnent aucun répit. Ce sont généralement des événements qui nous jettent à terre et nous enferment dans un tunnel d’une grande noirceur. Dans ces moments-là, répondre à l’invitation de Jésus de le suivre pour un temps de prière est sans doute la meilleure chose à faire.

           Il va sans dire qu’il n’est pas toujours facile de prier lorsque le contexte est défavorable, que l’angoisse nous étreint, que la peine nous inonde ou que des sentiments négatifs nous habitent. Mais le récit de la transfiguration de Jésus nous enseigne que c’est au moment de la prière que la lumière se fait. Sur la montagne, entre deux annonces de la passion, les disciples ont été transportés de joie en voyant Jésus transfiguré. Ils ont alors vécu une expérience spirituelle intense qui, sans nécessairement changer la sombre perspective de la passion à rencontrer, leur a donné une lueur d’espoir.

            À la descente de la montagne, Jésus se remettra en route vers Jérusalem et ses disciples auront de la difficulté à le suivre. Ils ne comprendront pas, ils trébucheront, ils feront même quelques pas de recul. Leur foi sera mise à l’épreuve, mais après avoir vu Jésus transfiguré, expérience par laquelle ils ont pu percevoir quelque chose de sa résurrection glorieuse, une espérance habitait leur cœur et, plus tard, elle renaîtra des cendres de la passion. 

            Le message contenu dans ce récit nous amène à croire que Dieu nous éclaire dans les passages obscurs de nos vies. La foi est importante pour percevoir la lumière divine. C’est pourquoi la première lecture nous a parlé d’Abraham, considéré comme le père des croyants. Dans une vision, le Seigneur lui fait voir une descendance aussi nombreuse que les étoiles dans le ciel. Abraham décide de faire confiance à la Parole de Dieu, malgré le fait que lui et son épouse Sara soient déjà avancés en âge et que leur couple est stérile. Abraham crut à la Parole du Seigneur. Il a décidé de faire confiance et les faits lui ont donné raison.

             L'exemple d'Abraham nous dit que la foi est déterminante, mais elle est parfois comme endormie. L’évangéliste Luc raconte que pendant que Jésus priait, Pierre et ses compagnons étaient accablés de sommeil, mais ils sont restés éveillés et c'est alors qu'ils ont pu voir la gloire de Jésus. Croire, c’est donc refuser le sommeil et ouvrir son cœur à la lumière du Christ transfiguré. Et comme la transfiguration préfigure la résurrection, nous pouvons croire que le destin de Jésus – et le nôtre à sa suite – n’est pas d’être englouti dans la mort, mais de ressusciter et de vivre de la vie de Dieu. C’est bien ce que saint Paul affirme dans la deuxième lecture : « le Seigneur Jésus Christ (...) transformera nos pauvres corps à l’image de son corps glorieux ». Désormais, nous savons que la souffrance et la mort ne sont pas les derniers mots de l’existence. Nous sommes tous et toutes appelés à une vie entièrement nouvelle, toute lumineuse.

            Pour en arriver là cependant, nous avons à nous engager avec une foi ferme et bien éveillée sur un chemin où le spectre de la croix est constamment présent. Nous apprendrons que tout le négatif de nos vies – les peines, les échecs, les souffrances de toutes sortes, les deuils – peut être éclairé et transfiguré. La transfiguration de Jésus annonce la nôtre. Certes, elle ne supprime pas nos douleurs, nos peines, nos inquiétudes et nos peurs quotidiennes, mais elle nous assure qu’elles peuvent avoir un sens et qu'il est possible d'espérer en un avenir rempli de lumière.

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