LE SAINT-SACREMENT DU CORPS ET DU SANG DU CHRIST « C » 2019

Parole de Dieu : Genèse 14, 18-20; 1 Corinthiens 11, 23-26; Luc 9, 11b-17.  

         La fête du Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Christ nous donne l'occasion de rappeler ce qui est au cœur de la vie de notre Église. Comme le souligne le passage de l’évangile, bien avant d'instituer l'eucharistie, Jésus a été à l'écoute des besoins, des désirs et des faims des foules qui le suivaient. Il a enseigné, fait des guérisons et, dans un geste qui anticipait le don qu'il allait faire de lui-même dans l'eucharistie, il procure un pain surabondant, non toutefois sans mettre ses disciples à contribution. En effet, il leur donna les cinq pains et les deux poissons « pour qu’ils les distribuent à la foule ».

            Aujourd’hui, nos besoins, nos désirs et nos faims ne sont pas moins grands. Bien que notre société soient relativement riche et prospère, il va sans dire que l'argent n'a pas réponse à tout. Outre la nourriture, le vêtement, le logement et autres besoins matériels, de grandes aspirations nous habitent, qui sont d’un autre ordre. Elles ont trait au sens de la vie, au bonheur, aux valeurs qui rendent possible l’accomplissement personnel. La question est de savoir comment on peut arriver à réaliser pleinement nos attentes intérieures, celles que l’argent à lui seul ne peut procurer.

            Grâce au miracle de la multiplication des pains et des poissons, la foule a été rassasiée, sa faim physique immédiate a été apaisée. Sans le savoir, elle a été témoin et bénéficiaire d'une action prophétique qui annonçait un don infiniment plus grand, celui de l’Eucharistie, par lequel le Christ s'offre lui-même en nourriture. Au terme du repas improvisé dans un endroit désert, il est resté douze paniers de nourriture, une donnée qui laisse à penser que la nourriture offerte par Dieu ne fera jamais défaut. Quel impact cela a-t-il dans nos vies quotidiennes?

            Au fil des jours, nous connaissons plusieurs faims : faim de bonheur, faim d’une relation amoureuse stable et fidèle, faim d’un accomplissement personnel, que ce soit aux études, au travail, dans le sport ou à tout autre niveau. L’expérience démontre cependant que ces faims ne sont pas toujours faciles à rassasier et quand on y parvient, c'est souvent de courte durée. Aussi, on en vient à rêver d’un sentiment de satiété définitif, d'une joie qui dure. Où peut-on trouver cette plénitude sinon dans l'eucharistie?

            Dans le sacrement institué la veille de sa mort, ce que Jésus donne, c’est sa vie même. Ce faisant, il comble nos cœurs de son amour, et c’est cet amour qui  nous entraîne vers la joie et le bonheur durable. Puisque l’eucharistie est facteur de croissance dans l’amour, elle nous porte vers les autres qui ont faim: « Donnez-leur vous-mêmes à manger », dit Jésus à ses disciples. Ils font asseoir la foule et apportent à Jésus les cinq pains et les deux poissons. Après avoir béni et rompu cette nourriture, il en confie la distribution aux disciples. Ces derniers sont en première ligne quand il s’agit de partager le don de Jésus. Ils deviennent ainsi ses partenaires actifs. Plus tard, ils auront la responsabilité de partager le pain de l'eucharistie à tous ceux et celles qui ont faim d'amour et de bonheur.

            Lorsque nous venons célébrer l’eucharistie, apportons les cinq pains et les deux poissons dont nous disposons. C'est bien peu, mais grâce à l'Esprit de Dieu nos faims les plus profondes seront rassasiées et nos vies transformées. Entre les mains du Christ qui reçoit et bénit nos maigres offrandes, notre vie prend une dimension nouvelle. Si nous recevons le corps du Christ dans la foi, nous serons capables de vivre comme Jésus, entièrement donné à Dieu et aux autres.

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