29e DIMANCHE ORDINAIRE « C » 2019 Dimanche missionnaire mondial

Parole de Dieu : Exode 17, 8-13; 2 Timothée 3, 14 – 4, 2; Luc 18, 1-8 

Du lieu où je me trouve, je vois un bon nombre de gens rassemblés dans notre église. C'est parlant. Cela me dit d'abord que j'ai devant moi des baptisés, des croyants et des croyantes qui répondent à l'invitation de prier, d'écouter la Parole de Dieu et de partager le pain de vie. Et probablement que, en d'autres moments de la semaine, vous priez aussi de différentes manières : le matin ou le soir, à genoux ou debout, assis ou en marchant, en récitant des formules ou en improvisant. La prière est une étrange activité, car il n'est pas toujours facile de vérifier et d'évaluer ses résultats. Et pourtant, Jésus insiste beaucoup sur l'importance de la prière.

            En ce sens, la lecture évangélique de ce dimanche propose une parabole sur la nécessité de toujours prier. Cependant, ce qui est plus surprenant, c'est qu'elle soit retenue pour souligner le dimanche missionnaire mondial. On se serait attendu à une lecture racontant l'envoi en mission des disciples ou à un récit exemplaire développant le thème de la charité. Mais à bien considérer les choses, la prière n'est-elle pas essentielle à la mission de l'Église? En ce dimanche des missions, le pape François nous invite à méditer sur le thème « Baptisés et envoyés : l’Église du Christ en mission dans le monde! » Un thème riche et suggestif! Le fait d'être baptisé nous associe à Jésus dans sa mission de donner la vie au monde. Notre baptême n'est pas un acte posé dans le passé et qui est disparu avec le temps. Il est toujours actuel et dynamique! Jésus a confié cette mission à ses disciples : « Allez donc! De toutes les nations faites des disciples, baptisez-les au nom du Père et du Fils, et du Saint-Esprit... » (Mt 28, 19);   « Et il leur dit : Allez par le monde entier, proclamez la Bonne Nouvelle à toute la création. Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé. » (Mc 16, 15-16) La raison de cette activité missionnaire découle de la volonté de Dieu, qui veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité.

            Pour réaliser cette mission, la prière n'est-elle pas essentielle? Or, c’est précisément de prière que nous parle la parabole du juge et de la veuve. Nous sommes en présence de deux personnages contrastants : d’un côté, un juge puissant et arrogant; de l’autre, une veuve, une personne démunie, dépendante des autres et sans aucun pouvoir ni influence. L’inégalité entre les deux est amplifiée par les dispositions personnelles du juge, qui est présenté comme un homme dont la conscience, l’honnêteté, le sens de la justice et la piété font défaut. Au surplus, ce magistrat exerce son pouvoir de façon arbitraire, au gré de ses humeurs. Autant dire que la veuve n’a pratiquement aucune chance d’obtenir ce qu’elle réclame. Une cause perdue d’avance. N'est-ce pas l'impression que nous avons en regard de la mission de l'Église, surtout dans le contexte qui est le nôtre?

            Dans un monde où les puissances économiques, politiques, financières risquent, en accentuant l’égoïsme et l’indifférence, d'éloigner le monde de Dieu, la mission de l'Église peut nous sembler impossible à réaliser. Mais rappelons-nous que chaque baptisé est missionnaire de la foi, de la charité et de l’espérance et tout cela doit être porté dans la prière. Car c’est le Christ qui est le Maître de la mission. L’efficacité de la mission ne dépend pas de nos moyens financiers, de nos capacités organisationnelles, de notre intelligence! Le maître d’œuvre, c’est le Christ! Il faut constamment se référer à lui dans la prière.

            Ainsi, ce dimanche particulier nous offre l’occasion de prier pour l’œuvre missionnaire de l’Église. La prière reste le levier le plus sûr pour faire tourner la machine! Si un juge qui ne craint pas Dieu, ainsi que nous l’avons vu dans l’Évangile de ce jour, a été capable d’accéder à la demande d’une pauvre veuve, pourquoi nous, croyants et croyantes, serions-nous portés à douter de l’efficacité de notre foi et de notre prière, et tomberions-nous ainsi dans une sorte d’athéisme chrétien, cette tentation qui nous pousse à vivre comme si notre foi n’avait aucun impact sur notre vie quotidienne? Rappelons-nous que la prière n’est pas une action qui force la main de Dieu. Elle représente plutôt la manière d’entrer en relation avec lui et un moyen efficace d'accomplir sa volonté.

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