31e DIMANCHE ORDINAIRE « C » 2019 Commémoration des fidèles défunts


Parole de Dieu : Sagesse 11, 22 – 12, 2; 2 Thessaloniciens 1, 11 – 2, 2; Luc 19, 1-10

En ce temps de l'année, dans notre belle campagne, ici et là nous voyons de grands champs labourés, des sillons creusés et de la terre retournée en attente d’une prochaine saison où elle sera de nouveau ensemencée et porteuse de vie. Nos existences ne sont-elles pas un peu à l’image de nos champs, c’est-à-dire des espaces qui, habités un certain temps par une vie intense et productive, se voient labourés par la douleur et la souffrance et sont laissés comme morts? Mais notre espace intérieur, si remué qu’il soit, reste toujours en attente d’une transformation qui ouvre sur une vie plus forte que la mort.

Aujourd’hui, c'est cette grande espérance qui nous anime. L’Église se souvient de tous ceux et celles qui sont morts, dont la vie a été labourée par les épreuves et qui ont cru qu’ils seraient un jour transformés par l’amour de Dieu, car la mort ne prend tout son sens qu’à la lumière de son infinie miséricorde. Au livre de la Sagesse, nous lisons : « tu épargnes tous les êtres, parce qu’ils sont à toi, Maître qui aimes les vivants, toi dont le souffle impérissable les anime tous ». Une belle réflexion en ce jour où nous nous souvenons de nos chers défunts. Une belle occasion de nous rappeler la merveille de la grâce de Dieu, la merveille de cette œuvre de la miséricorde qui est capable de faire de vases d’argile des vases d’or. En effet, la miséricorde n'est-elle pas la plus haute expression de l’amour de Dieu? Ne faut-il pas être tout-puissant pour aimer jusqu’à ce point? En ce sens, la toute-puissance de Dieu n’est-elle pas la toute-puissance de son amour, un amour qui s’exprime au mieux dans la compassion, la miséricorde et le pardon? N’est-ce pas cette toute-puissance de l’amour qui est illustrée dans la rencontre de Jésus avec Zachée?

Zachée était un homme dont la réputation était grandement entachée par son métier de collecteur d'impôt, donc de sympatisant de l'occupant romain. Il était considéré comme un pécheur et faisait donc l'objet d'un grand mépris de la part de ses concitoyens. Cet homme de petite taille choisit donc de grimper dans un arbre afin de ne rien manquer de la scène qui se déroule dans une rue de Jéricho. Ayant eu vent de l'arrivée de Jésus, il voulait s'en approcher, le voir, le connaître. Sachant le désir qui habitait le cœur de Zachée, Jésus l'aperçoit, en profite pour l'interpeller et s’inviter chez lui pour partager paroles et repas. Au contact de Jésus, Zachée s’est senti aussitôt touché par la miséricorde; il en a été profondément remué et complètement transformé. Cependant, ce n'est pas toujours le cas. L’amour ne sera jamais assez puissant pour forcer un cœur qui ne veut pas s'ouvrir. L’amour de miséricorde déploie toute sa puissance de transformation quand on lui manifeste une certaine ouverture et qu’il est accueilli dans la foi et la sincérité du cœur.

Ce passage d'évangile peut nous éclairer sur le mystère de la mort que nous soulignons aujourd'hui. Disons d'entrée de jeu que pour l’incroyant, la mort est simplement un point final à l'existence. Après, c'est le néant. Et c’est pourquoi très souvent un incroyant peut être porter à choisir cette mort, à la préférer, le néant lui semblant plus supportable que le poids et la détresse de son existence. Mais pour qui a la foi, c’est tout autre chose. Pour nous, la mort est un mystère qui fait peur, un mystère qui inquiète parce que pour nous, elle n’est pas l’entrée dans le néant, elle est le moment où le grand fleuve de notre vie rejoint l’océan de la miséricorde et du secret de Dieu.

Une entrée dans l'océan de la miséricorde, oui, mais il ne faut pas oublier l’autre aspect du mystère : le secret de Dieu. Et il ne faudrait pas que le mot miséricorde nous donne trop bonne conscience face au secret de Dieu. N'oublions pas que ce secret est porteur d’une exigence, une exigence qui est précisément la preuve qu’il respecte la liberté de sa créature. L’Évangile est porteur d’une exigence! Notre Dieu est le Dieu de l’osmose d’une miséricorde infinie et d’une exigence en symphonie avec son désir. L'épisode de la rencontre de Zachée et de Jésus nous livre l'essentiel de cette exigence. Pour saisir la portée du secret ou de l'exigence de Dieu, il faut entrer dans une démarche de conversion, pratiquer une brèche, une petite faille dans la muraille dressée par le péché pour la faire s’écrouler. Sachons qu'aux yeux de Dieu, aucune vie n'est hermétiquement fermée et définitivement condamnée. Il suffit d'une petite ouverture de cœur, d'une humble démarche de conversion qui porte des fruits pour que le fleuve de notre vie débouche dans l'océan de l'amour de Dieu. Car rappelons-nous que « le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu ».

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