PRÉSENTATION DU SEIGNEUR AU TEMPLE 2020

Parole de Dieu : Malachie 3, 1-4; Hébreux 2, 14-18; Luc 2, 22-40    

La présentation du Seigneur au Temple est une belle fête de la lumière. La bénédiction des cierges permet de bien souligner l'événement et de nous rappeler que le Christ est la « lumière qui se révèle aux nations », comme l'affirme si bien le vieillard Syméon. Mais comment se fait-il que ce dernier ait pu discerner qu'un jeune couple portait toute l'espérance du peuple d'Israël? Luc en donne la réponse : C'est « sous l'action de l'Esprit Saint » que Syméon se rendit au Temple après qu'il eut reçu de lui l'annonce qu'il ne verrait pas la mort avant d'avoir vu le Christ, le Messie du Seigneur.

            L'Esprit s'est comme emparé du désir qui habitait Syméon, lui qui attendait depuis longtemps la Consolation d'Israël dans la prière et la méditation des Écritures; il la portait dans son cœur comme un trésor dont il était toujours à la recherche. Mais voici qu'un jour, Marie et Joseph, dans le respect des traditions de leur peuple, viennent au Temple de Jérusalem accomplir le précepte de la loi qui concerne leur nouveau-né. C'est alors que la grâce que Syméon espérait lui est enfin donnée. L'Esprit a agi en lui et lui a révélé le mystère de l'enfant qui était présenté au Temple. C'est dire que l'Esprit de Dieu agit en tout cœur qu'il trouve ouvert et en attente pour l'accueillir. Sans l'action de l'Esprit, on se contente de ce que les sens peuvent capter et c'est alors que s'éteignent à la fois le sens profond des choses et des événements, l'espoir et la force d'avancer.

            Pourtant, même si voir l'invisible par la lumière intérieure de l'Esprit est accessible à tous et toutes, chaque époque vient avec son lot d'obstacles et beaucoup de gens n'arrivent qu'à saisir le côté sombre des choses, étant ainsi en quelque sorte prisonniers de leur aveuglement. Ils ne réussissent pas à percevoir les réalités spirituelles et l'œuvre de salut du Christ. Car son Feu brûle encore, malgré tout ce qu’on fait pour l’éteindre.

 

            N'est-ce pas ce qu'évoque d'une certaine manière l'auteur de la lettre aux Hébreux? En effet, de quoi parle-t-il quand il dit que Jésus a rendu libres tous ceux qui, par crainte de la mort, passaient toute leur vie dans une situation d’esclaves? Ne fait-il pas référence à leur incapacité de saisir l'œuvre de Dieu? De quoi les hommes et les femmes étaient-ils esclaves? De la mort qui fait peur, parce qu’elle demeure la grande inconnue? Et de tout ce qui peut s'en suivre? Et nous aujourd'hui, de quoi sommes-nous esclaves? Ce qui proclamé dans les textes d'aujourd'hui, c'est que Jésus est venu libérer l’être humain de ses nombreux esclavages. Parce qu’il a voulu partager la condition humaine en tout, parce qu’il a accepté les pires souffrances et l’épreuve ultime de la mort, Jésus a réduit à l’impuissance le grand ennemi, la mort.

            Sachons donc nous inspirer du bon vieillard Syméon, qui est un modèle d’abandon et de confiance dans les promesses de salut du Seigneur. Il reconnaît en Jésus le Sauveur des peuples, la lumière destinée à toutes les nations et la gloire d’Israël, selon ce qui avait été promis au prophète Isaïe. De leur côté, Marie et Joseph accueillent les prophéties de Syméon et Anne, deux saints de l’ancienne alliance qui reconnaissent en Jésus celui qui vient accomplir les promesses de Dieu. Dans ce qu’ils disent, c’est toute la mission de Jésus qui se dessine : il est Lumière qui éclaire mais il est aussi Feu qui purifie.

            Dans les dernières lignes du passage de l'évangile, on nous dit que « l’enfant, lui, grandissait et se fortifiait, rempli de sagesse et la grâce de Dieu était sur lui. » On pourrait s’étonner de la patience de Dieu qui consent à passer par les chemins du développement normal d’un être humain. L’incarnation épouse toutes nos lenteurs. Jésus, pendant de nombreuses années, restera un tison caché, attendant le souffle de l’Esprit pour enflammer le monde.

 

            L'Esprit de Dieu, celui qui a comblé le cœur de Syméon, consacre le pain et le vin à chaque eucharistie que nous célébrons. Qu'il nous aide à reconnaître dans ce que nous allons partager la présence du Christ qui offre sa vie à son Père. Qu'il nous donne de nous unir à son offrande et fasse de nos vies une lumière pour que le monde apprenne à discerner l'invisible.

 

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