33e DIMANCHE ORDINAIRE « B » 2018



Parole de Dieu : Daniel 12, 1-3; Hébreux 10, 11-14.18; Marc 14, 24-32.

Environ deux siècles séparent l’époque où fut écrit le livre de Daniel de celle où Marc a rédigé son évangile. Malgré des contextes fort différents, ce que vivent le peuple juif et les nouvelles communautés chrétiennes se ressemble sur bien des points. De part et d'autre, on connaît des moments très difficiles et générateurs d’angoisse et de peur. Dans les deux livres, le message est énoncé à l’aide d’images apocalyptiques qui évoquent un grand bouleversement. Daniel parle d’un temps de détresse comme il n’y en a jamais eu depuis que les nations existent et Jésus annonce que les astres majeurs cesseront de remplir leur fonction et que les étoiles abandonneront leur poste; le désordre céleste sera complet.

Comment interpréter ces textes? Il est clair que nous devons échapper à la tentation de les lire comme des descriptions réalistes de la fin. Avec les apocalypses, nous entrons dans l’univers du symbole. Il faut donc éviter d'utiliser ces textes pour ranimer les vieilles peurs de la fin du monde. Depuis des siècles, les prédictions concernant la fin se sont multipliées et se sont toutes avérées inexactes et farfelues. Par ailleurs, il faut reconnaître que le contexte mondial actuel prête flan, à certains égards, à des scénarios de la fin. Si l'on pense aux nombreux conflits armés, aux bouleversements climatiques et géo-politiques, à la décadence morale, il serait facile d'y voir des signes avant-coureurs de la fin.

Cependant, l'abondance des images apocalyptiques présentes dans les textes bibliques laissent plutôt présager un nouveau commencement. La détresse cosmique n’est pas la fin de tout, elle est une étape, un temps de mûrissement, l’anticipation d’un heureux dénouement. C’est en ce sens qu'il faut comprendre la comparaison du figuier proposée par Jésus. L’apparition de ses bourgeons et de ses premières feuilles au printemps est le signal infaillible de la venue des beaux jours. Au terme d’une saison rude et stérile, les premières pousses du figuier laissent présager une saison fertile, autant dire un avenir fructueux.

Dans le même sens, qui parmi nous, connaissant nos hivers, a peur de voir arriver le printemps? Se peut-il que nous soyons angoissés à l’idée de ressentir la chaleur bienfaisante de l’été? N’est-ce pas avec joie que, après de longs mois d’hiver, nous voyons enfin fondre la neige? Dès lors, pourquoi aurions-nous de l’appréhension, de la peur, de l’angoisse à la perspective que le mal et la mort dont est marqué notre monde disparaissent? Jésus entrevoit un monde nouveau en train de naître. Il suggère de reconnaître dans les craquements d’un monde les signes annonciateurs d’un avenir aux couleurs de Pâques. Quelqu’un a déjà dit : « Un arbre qui tombe fait plus de bruit que toute la forêt qui pousse »!

En d’autres mots, nous avons à subir des épreuves, des violences qui fragilisent nos relations humaines, nos amours, notre équilibre social et économique, la paix et l’environnement. Elles fragilisent aussi nos convictions, nos valeurs, notre foi et notre espérance. Malgré toutes les difficultés que nous rencontrons, il faut savoir discerner une vie nouvelle en émergence. Il faut reconnaître qu’il y a encore beaucoup de gens qui continuent de croire, qui ne cessent de prier, qui s’efforcent d’aimer, de pardonner et d’aider les autres. Tout cela se fait sans bruit et est l'indice qu’une lumière se lève, irrésistible comme un nouveau printemps au terme d’un hiver trop rigoureux. C’est le signe que quelqu’un vient vers nous et nous demande de rester éveillés et d’être attentifs à ce qui pousse de façon presque imperceptible. Ce dont il faut être convaincus, c’est qu’au-delà des grands bouleversements du monde actuel et plus forte que le mal, il y a la vie de Dieu, dont la poussée est irrésistible. Il faut y croire, s’y cramponner et y placer toute notre espérance.


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