6e DIMANCHE ORDINAIRE « C » 2019



Parole de Dieu : Jérémie 17, 5-8; 1 Corinthiens 15, 12.16-20; Luc 6, 17.20-26.

Dans l'évangile de Luc, Jésus s’adresse à des personnes que leur situation et leur expérience de vie écartent du bonheur, soit à cause de facteurs extérieurs indépendants de leur volonté comme la pauvreté, la faim et l’affliction, soit à cause d’un facteur de liberté, celui de l’option de foi en faveur de Jésus, qui entraîne la persécution. Quelle que soit leur vécu, Jésus déclare à tous qu’ils sont heureux. Il est donc possible de trouver le bonheur, même au cœur d’expériences humaines qui semblent le contredire. Pour bien comprendre la portée des béatitudes, il importe de les lire au complet. Chaque béatitude comporte deux affirmations. La première est une déclaration de bonheur faite aux destinataires visés : « Heureux, vous les pauvres », et la seconde contient la clé d’interprétation : « car le Royaume de Dieu est à vous ».

Si les pauvres sont heureux, c'est parce qu’ils possèdent le Royaume. Ils sont heureux, non pas parce qu’ils sont pauvres, mais parce que cette pauvreté leur donne le droit de participer au Royaume de Dieu. Le Royaume vous appartient à vous les pauvres, il vous revient, même si vous n’en avez pas encore la pleine jouissance. Il vous sera pleinement donné lorsqu’il viendra, comme on le dit dans le Notre Père : « Que ton règne vienne! » En attendant la pleine manifestation du règne de Dieu, les pauvres sont heureux parce qu’ils sont déjà rejoints par la Bonne Nouvelle, ils sont les destinataires privilégiés du salut de Dieu. Ce n’est pas une promesse vague pour un avenir incertain. Parce qu’ils sont démunis et laissés à eux-mêmes, les pauvres ont toute l'attention de Dieu. Tout en n’excluant personne du bonheur, Dieu accorde aux défavorisés un amour de prédilection, car à ceux et celles que la situation de vie exclut presque automatiquement du bonheur, Dieu assure qu’en lui sera leur bonheur. Il saura bien les enrichir, les rassasier, les consoler.

Jésus n’idéalise pas la pauvreté, elle est un mal, tout comme l’est aussi la faim et l’affliction. Les affamés ne sont pas déclarés heureux parce qu’ils souffrent de la faim, mais parce qu’ils seront rassasiés d’un pain plus nourrissant que n’importe quel autre pain : « car vous serez rassasiés ». Les affligés ne sont pas heureux parce qu’ils sont dans la peine, mais parce qu’ils recevront une consolation plus grande que tout ce qu’ils peuvent espérer : « car vous rirez ».

Ainsi, les gens à qui Jésus s'adresse sont heureux maintenant en raison de l’avenir qui s’ouvre devant eux, un avenir dont Dieu occupe tout l’horizon. Mais tout n’est pas reporté dans l’avenir. Cet avenir, il est anticipé dans le présent. C’est le sens de la première béatitude où la promesse est formulée au présent: « le Royaume de Dieu est à vous ». Donc, pour les pauvres, le salut de Dieu est déjà commencé et il parviendra un jour à son achèvement. Dieu n’abandonnera pas ceux à qui il offre dès maintenant sa faveur. Jésus dit : vous êtes pauvres, affamés, affligés, persécutés, oui, mais vous êtes les premiers à qui Dieu offre son salut et ce salut, il ne saurait satisfaire à moitié. Ceux qui l’accueillent seront comblés. Vous avez faim maintenant, vous pleurez maintenant, vous souffrez de quelque manière, eh bien, dites-vous que Dieu, lui, offre un bonheur qui, parvenu à son achèvement, ne laissera plus rien à attendre.

Dans la prière du Notre Père, nous demandons que le Règne de Dieu vienne, mais nous savons qu’il est déjà commencé et que nous avons à y prendre part activement. Constater qu’il y a des pauvres, des affamés, des affligés et des persécutés dans notre monde, c’est poser la question de notre implication comme disciples-missionnaires. À la suite de Jésus, que pouvons-nous faire pour rendre heureux ceux et celles qui ne connaissent pas le bonheur?


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