Flavius Josèphe, un historien juif du premier siècle, disait que la crucifixion était « la mort la plus misérable de toutes » et Cicéron affirmait pour sa part qu'elle était « le supplice le plus cruel et le plus terrible ». La crucifixion n'était pas seulement une exécution, c'était une torture lente. L'agonie pouvait se prolonger de longues heures, et parfois même des jours entiers. Il était en outre habituel d'y ajouter des humiliations et des tourments divers.

         C'est ce à supplice que les autorités romaines ont condamné Jésus. Sur la croix, échafaud de la honte, de la haine, du mépris et de la violence humaine est cloué l’homme qui a annoncé le règne de l’amour, du pardon, du respect, de la douceur et de la vérité. Pilate l’a désigné en disant: « Voici l’homme ». L’homme qui est devant lui, qu’a-t-il fait de mal?  Son tort aurait-il été de se faire l’ami des petits et des pauvres, des pécheurs et des sans-voix?  Ou de guérir des malades, rassasier des affamés, libérer des captifs, rendre la vie à des morts?  Voici l’homme qui a été renié, trahi, humilié, ridiculisé, bafoué et livré au pouvoir des élites bien installées dans leurs richesses et leurs privilèges.

          En lisant les quatre récits de la Passion, nous retrouvons les motifs de la condamnation de Jésus. Les moqueries sont centrées sur le thème du « faux prophète » et c'est l'accusation qui est à l'arrière-plan de la condamnation des Juifs. De la part des autorités romaines, on s'acharne sur Jésus en tant que roi des Juifs, donc opposé à César, ce qui méritait la peine capitale. Celui que l'on voit se profiler meurt donc en tant que prophète de Dieu et roi.

          Dans la vision théologique de saint Jean, « être élevé sur la croix » est l'équivalent pour Jésus de retourner au Père et entrer dans sa gloire. Son récit de la Passion présente la marche sereine et solennelle de Jésus vers sa mort. Il n'y a ni angoisse ni épouvante. Il n'y a pas de résistance à boire le calice amer de la croix : « La coupe que m'a donnée le Père, vais-je refuser de la boire ? » Sa mort apparaît comme le couronnement de sa fidélité au Père. » « J'ai soif », dit Jésus juste avant de mourir; j'ai soif de Dieu, je veux entrer maintenant dans sa gloire. Après avoir bu le vinaigre, Jésus s'exclame : « Tout est accompli ». Il a été fidèle jusqu'au bout. Sa mort est son passage de ce monde vers celui du Père. Rien ni personne ne pouvait le séparer de lui. À la fin de sa vie, Jésus s'est livré confiant à ce Père qui avait été à l'origine de toutes ses paroles et de tous ses actes. Tout est désormais entre les mains du Père...

 

 

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