32e DIMANCHE ORDINAIRE « C » 2019


Parole de Dieu : 2 Martyrs d'Israël 7, 1-2.9-14; 2 Thessaloniciens 2, 16 – 3, 5; Luc 20, 27-38.

C’est le mois de novembre, communément appelé le « mois des morts ». C'est un temps de l'année où les communautés chrétiennes font mémoire des personnes décédées au cours de l'année. Le dépouillement automnal aidant, cette période favorise une réflexion sur la mort, une réalité qui finit par toucher tout le monde d'une manière ou d'une autre. Pour la personne malade et souffrante, la mort est parfois attendue et même souhaitée; pour d'autres, elle frappe comme l'éclair, que ce soit à la suite de causes naturelles ou accidentelles; elle peut aussi se présenter sous la forme d'un suicide incompréhensible. Quelqu'en soit la cause, la mort touche aveuglément des gens de tout âge et de toute condition et ce, dans des conditions parfois sereines, parfois bouleversantes. Cela soulève un questionnement sur la mort et l’après-mort.

Dans le contexte actuel, cette question reçoit des réponses très variées, l'évolution des mœurs funéraires en rend bien compte. La variété des services offerts à l'occasion d'un décès laisse soupçonner des conceptions très différentes de la mort et de ce qui peut ou non la suivre. Quels que soient les rites funéraires que l’on choisit, une question importante se pose : y a-t-il une vie après la mort? Sous l'angle que nous privilégions, qui est celui de la foi en la résurrection, les passages du second livre des Martyrs d’Israël et de l’évangile de Luc apportent un bon éclairage.

Dans le premier texte, on lit : « le Roi du monde nous ressuscitera pour une vie éternelle […] c’est du ciel que je tiens ces membres […] et c’est par lui que j’espère les retrouver […] mieux vaut mourir par la main des hommes, quand on attend la résurrection promise par Dieu ». C'est une chose de croire à la résurrection et c'en est une autre de se la représenter. La conception peut nuire à la foi. Jésus a rencontré ce problème. La question que les Sadducéens lui posent touche précisément la représentation de la vie dans le monde à venir. Imaginant cette existence comme une copie conforme de la vie présente, ils arrivent à la conclusion que la résurrection est une chose ridicule. Ce jugement s'appuie sur un exemple concret, le cas d’une femme ayant épousé successivement les six frères de son premier mari. Un article de Loi de Moïse disait que si un homme marié meurt sans laisser d’enfant mâle, son frère le plus âgé doit épouser la veuve. La question qui découle de cette loi est celle-ci : à la résurrection, s’il doit y en avoir une, duquel des sept hommes qu’elle a eu pour maris sera-t-elle l’épouse?

Selon cette conception, où l’au-delà est conçu sur le modèle du monde présent, ceux qui auront fait l’expérience de la résurrection continueront de se marier dans le monde à venir comme ils le faisaient auparavant, mais en jouissant d’une fécondité extraordinaire. La résurrection marque ainsi le prolongement sans limites de la vie présente. Les Sadducéens concluent en disant avec un brin de sarcasme : dans ce monde où on se mariera et engendrera à profusion, cette femme, qui n’a pu enfanter de son vivant pourra le faire dans l’autre vie, mais encore lui faudra-t-il choisir parmi ses sept maris de jadis! Ce raisonnement voulait démontrer le caractère ridicule de la foi à la résurrection.

Jésus rejette cette conception farfelue : « ceux qui ont été jugés dignes d’avoir part […] à la résurrection d’entre les morts ne se marient pas, car ils ne peuvent plus mourir : ils sont semblables aux anges, ils sont fils de Dieu et enfants de la résurrection ». Jésus affirme clairement que la résurrection consistera en une vie transformée. La vie de la résurrection, bien qu’étant en continuité avec la vie présente, sera totalement nouvelle. La personne ressuscitée sera la même personne, mais sa condition sera différente de celle qui est sienne maintenant. Le mariage et la fécondité seront choses inutiles, car on aura changé de condition, celle-ci comportant notamment l’immortalité. C’est en cela que les personnes ressuscitées sont semblables aux anges. Quant au corps, il sera affecté lui aussi par le changement de condition.

La réponse de Jésus écarte donc une vision matérialiste de la résurrection selon laquelle on reprendra son corps avec toutes ses fonctions d’autrefois. Pour Jésus, la résurrection implique une condition nouvelle, un mode de vie et un corps transformés. En ce sens, croire à la résurrection, c’est miser sur une vie de plénitude dont la nature exacte nous échappe.

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