33e DIMANCHE ORDINAIRE « C » 2019


Parole de Dieu: Malachie 3, 19-20a; 2 Thessaloniciens 3, 7-12; Luc 21, 5-19.

« Voici que vient le jour du Seigneur », disait le prophète Malachie. Derrière l'annonce de ce jour qui sera « brûlant comme la fournaise », on devine une situation morale et religieuse confuse et perturbée, un climat d'indifférence religieuse et une situation de relâchement sur le plan religieux, sans doute l'effondrement de la pratique religieuse. Sur ce fond obscur, Malachie met en relief l'existence d'un petit reste prêt à accueillir la venue du Libérateur. Longtemps après Malachie, Jésus annonce la ruine du Temple de Jérusalem. Au moment où Luc écrit son évangile, le Temple a été rasé par les Romains. Les premiers chrétiens ont vu dans cet événement un signe précurseur de la fin.

Dans la foulée du prophète Malachie, Jésus annonce des temps difficiles, des bouleversements qui peuvent susciter de l'angoisse et engendrer la peur, mais qui apparaissent aussi comme une forme d’encouragement à tenir bon. Cela revenait à dire : ne vous en faites pas, une fois que ces difficultés et souffrances seront passées, vous serez sauvés. Ce n’est donc pas une peur paralysante que communique l'évangile, mais bien un message d’espérance.

À l'instar de Malachie qui disait : « le Soleil de justice se lèvera : il apportera la guérison dans son rayonnement », Jésus affirme : « C'est par votre persévérance que vous garderez votre vie ». Malachie et Jésus ont au moins une chose en commun : leurs propos ne visent pas à effrayer mais à encourager, consoler et rassurer. Ils appellent à prendre garde et à persévérer dans la fidélité.

La destruction du Temple de Jérusalem, que Jésus avait prédite et qui s'est effectivement réalisée en l'an 70, nous fait penser à l'incendie en avril dernier de la cathédrale Notre-Dame de Paris, qui a provoqué un grand émoi en France et dans le monde. Il n'aura fallu que quelques heures après ce drame pour que les rumeurs, des plus fantaisistes aux plus apocalyptiques, sèment le doute dans la population. Sur les réseaux sociaux certains ont spéculé sur la « fin de la France » ou encore l'effondrement de la civilisation occidentale. D'autres y ont vu une sanction divine à cause de l'inconduite des humains. Chaque fois qu'il y a un événement majeur qui se produit dans le monde et qui frappe l'imaginaire par sa violence, on voit surgir des prophètes de malheur dont le seul objectif est de faire peur. Les drames violents donnent lieu bien so

uvent à une surenchère apocalytique sur la fin du monde et l'avènement d'un nouvel ordre mondial.

L'histoire humaine est émaillée d'épreuves, de catastrophes et d'autres moments difficiles, mais ce n'est pas une raison pour lâcher prise et céder à la peur. Malgré les situations difficiles, les disciples doivent persévérer dans la foi et continuer à espérer le retour du Christ. Cependant, l'attente de ce retour ne nous dispense pas de nous engager dans ce monde. L'espérance chrétienne n'est pas une attente béate. Elle repose sur la confiance qu'avec le Christ rien n'est jamais perdu. Espérer, c'est jeter sur chaque événement un regard renouvelé et y déceler une promesse de vie. C'est dans cette perspective positive que nous sommes invités à porter la préoccupation de la pauvreté dans notre monde et notre pays. Jésus compte sur nous pour que nous travaillions à établir son Règne, un Règne de justice où les pauvres occupent une place prioritaire.

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