LE CHRIST, ROI DE L’UNIVERS « C » 2019


Parole de Dieu: 2 Samuel 5, 1-3; Colossiens 1, 12-20; Luc 23, 35-43.

Aujourd’hui, nous célébrons la fête du Christ « Roi de l’univers ». Ce faisant, nous affirmons que le Christ exerce sa souveraineté sur toute la création. Comment décrire la chose sinon en termes d'honneur, de gloire, de prestige et de puissance? Pourtant, l’évangile retenu pour souligner cette fête nous situe en plein drame du Vendredi Saint avec tout ce qu'il contient d'humiliation, de souffrance et de faiblesse. Il ne peut pas y avoir de plus grand paradoxe.

Si l'on parcourt l'ensemble des évangiles, on constate que le seul moment où Jésus est désigné comme roi, c'est lorsque les soldats le brutalisent et se moquent de lui après l'avoir couronné d'épines et revêtu d'un vêtement royal. Et tout cela est confirmé par l'inscription que Pilate fait placer sur la croix : « Celui-ci est le roi des Juifs ». Mais durant sa vie, Jésus avait-il des prétentions à la royauté?

En écrivant la généalogie de Jésus, les évangélistes Matthieu et Luc ont démontré qu'il était de la lignée de David et ils ont situé sa naissance à Bethléem, village d'origine du grand roi. Cela étant dit, les récits évangéliques ne présentent pas Jésus comme un roi. En décrivant son parcours de vie et sa mission, ils le montrent issu d'une famille modeste de Nazareth, village sans grande réputation, et ils le montrent fréquentant des pauvres, des malades, des gens que la société déconsidère et exclut. Il apparaît donc clairement que Jésus ne fait pas partie de l'élite qui détient le pouvoir politique. On est très loin de la monarchie qui existait à l'époque.

Néanmoins, il faut dire que sans être roi, Jésus a annoncé un royaume : celui de Dieu. À de nombreuses reprises il a eu recours à cette image qui laisse entendre qu'il faut donner la première place à Dieu dans nos vies. Ce royaume se vit dans l'humilité et le secret des cœurs. À un homme qui avait compris que l'essentiel est d'aimer Dieu et son prochain, Jésus a pu dire : « Tu n'es pas loin du royaume de Dieu. » (Mc 12, 34) Par ailleurs, son activité publique avait un tel impact que des gens ont voulu l'élever au plus haut rang, comme le signale l'évangéliste Jean : « Jésus savait qu'ils allaient venir l'enlever pour faire de lui leur roi. » (6, 15) C'est dire qu'il n'a pas voulu être roi, du moins pas au sens où les gens l'entendaient.

Mais lorsqu'il a comparu devant Pilate, Jésus a bien dit que son royaume n'était pas de ce monde, laissant entendre que, tout en étant roi, son royaume n'avait rien à voir avec un régime politique terrestre, une façon subtile de recadrer la signification exacte du titre de roi qu'il endossait. Cela n'a pas été compris et il fut condamné à être crucifié. Ainsi, cloué sur son trône, il exerce sa royauté dans le sens exact de ce qu'il a toujours annoncé et vécu. Au malfaiteur crucifié à ses côtés et qui lui demande de se souvenir de lui dans son royaume, Jésus répond : « Aujourd'hui, avec moi, tu seras dans le paradis. »

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